This ain't no Winbledon. ... but finally, yes, it IS.

Voici une petite fic signée par la virtuose verslesétoiles !! Une de mes fics préférées à ce jour ! Prenez le temps de la lire, vous verrez,on tombe rapidement accroc !!
Laissez das commentaires en bas de cette page je suis sure que ca lui fera plaisir !!


This ain't no Winbledon...but finally, yes, it IS.       

PROLOGUE

« One two, one two, Rick est généralissime, Rick est super, Rick est un véritable Adonis, Rick est… »

-Quand même, tu en mets beaucoup, pour un simple petit commentateur sportif!, dit une voix féminine glaciale derrière lui.

-Je.. je sais. Désolé, répondit Rick, la voix brisée et faible.

-Ça va, mais ne recommence plus, tu as l’air d’un parfait idiot quand tu délires de cette façon, dit la femme, jetant son livre sur le canapé avant de se lever et de partir en faisait claquer ces talons bien fort sur le parquets fraîchement ciré.

Rick se tut quelques instants, laissant son regard errer sur le soleil se levant lentement au dessus des édifices anglais, en ce beau matin de juillet où un vent léger caressait doucement les passants. Il se passa la main dans ces cheveux, encore et toujours hirsutes : il avait depuis longtemps déclaré forfait face à cette masses capillaire qui s’évertuait à rester bien en l’air sur sa tête, lui donnait un air d’éternel adolescent. Il dénoua sa cravate d’un geste familier, et balança son veston noir sur le sofa de leur chambre d’hôtel, où des vêtements féminins encombraient déjà l’espace. Il rassembla divers papiers et dossiers de presse, et appuya sur la touche « record » de son magnétophone numérique.

« 7 juillet 2008, Angleterre. Notes personnelles de Rick Geddes, pour CNC, couvrant le deuxième tournoi du grand Chelem. Les joueurs renommés et les stars montantes ne devraient plus tardé à arriver en Angleterre, où se livrera un combat féroce. La fièvre du tennis s’étend déjà sur le pays, tous et chacun criant au et fort leur favoris. Nous attendons notemmant Gary Squib Furlong, de retour après une blessure au genou, Samantha Garcia, Megan O’Connor, Sammy Hang, Sébastien Dubé, Sunny Capaducca, François Cochet, Adena Stiles, et plusieurs autres. Il va y avoir du sport! »

Il marqua une pause. Il tripota son magnétophone quelques instants, conscient des bouleversements à venir, ne sachant pas trop de quel façon il devrait les affronter. Son regard se posa pour encore quelques instants sur un oiseau qui voltigeait dans l’air humide de Londres. Mais avant d’appuyer sur la touche « stop », il soupira et dis d’un ton un peu las et préoccupé :

« Bienvenue à… Wimbledon. »

Chapitre 1

Megan patientait dans une salle d’attente bondée de l’aéroport international de Londres, tentant vainement de lire et relire se damné chapitre sur les scolioses et ses traitements, alors qu’elle savait pertinemment que la dame à la chemise rose et aux cheveux blonds décolorés la fixait depuis un bon 5 minutes. Elle l’entendait murmurer à sa voisine, derrière ses mains en coupole devant sa bouche : « Regarde… C’est Megan O’Connor! La joueuse de tennis sortant avec Ethan Johnson! »

La mine du crayon plomb de Megan se brisa sous la trop grande pression que la petite brunette exerçait sur ce dernier. Elle ferma les yeux quelques instants, respirant profondément, tentant de contenir ce petit feu qui brûlait au creux de son estomac. S’il y avait bien une chose qu’elle détestait plus que de se faire cataloguer comme la copine d’Ethan Johnson, célèbre skieur, et récemment champion du monde, c’était bien que sa mine de crayon lui casse à la figure. Une voix, d’abord lointaine, la tira néanmoins de sa torpeur.

« Megan? Megan O’Connor ? »

Bien qu’elle n’avait qu’une envie, celle-ci étant de terminé au plus vite son devoir sur les déformations lombaires au plus vite, elle rouvrit néanmoins les yeux, sa belle rangée de dents blanches désormais bien visible.

« Oui? Comment puis-je vous aider? »

La dame lui balança un petit calepin et un stylo sous le nez, que Megan pris de bonne grâce, et entrepris d’autographier la petite feuille rose.

« Merci, merci Mademoiselle O’Connor, merci énormément! »
-Pas de quoi, Madame…?
-Eva! Je m’appelle Eva, répondit la dame en sautant presque d’excitation.

Megan lui tendit la feuille (où elle avait écrit Good luck in everything, Eva, Megan O’Connor, XxX) en souriant doucement, son visage ne pouvant caché sa très grande fatigue, due au décalage horaire et à son horaire qui occuperait bien celle de 3 hommes à la fois.

Vous êtes trop aimable! Vous et Ethan êtes un si bon exemple… D’ailleurs, où est-il en ce moment?, dit la dame en regardant autour d’elle.
-Il est en Suède, en entraînement, répondit Megan en tentant de caché un soupir.
-Oh, ne t’en fais pas mon cœur, il reviendra! Vous vous reverrez bientôt! dit Eva avant de s’éloigner en trottinant, clamant qu’elle avait écouté les peines de la célèbre Megan O’Connor.

Megan regarda la dame s’éloigné en secouant la tête. À quoi bon s’obstiner à contrer les cancans des fans, qui clamais haut et fort qu’elle se détériorait sans son Ethan? La presse ne savait plus quoi inventé, tentant de percé depuis de nombreux mois l’aura de mystère entourant le couple sportif. On ne leur connaissait aucun scandale. Aucun. None. Niet. Megan s’évertuait à conserver leur relation privée, et elle y parvenait pleinement. Sur les quelques sortie publiques où ils s’étaient affiché, à l’occasion de bal de charité ou autres, ils avaient l’air heureux. Le mignon et sain couple sportif de l’heure, la brunette avec le blond, tous deux brillants et plein de succès. Mais… Il y avait un mais, que même la jeune et brillante Megan ne pouvait identifié.

Elle s’appuya contre le dossier de son siège, profitant de ces quelques minutes de répit. Son regard vagabonda sur la table remplie de magazines à sensation, trucs qu’elle ne lisait jamais. Un titre attira néanmoins son attention. Elle saisit le magazine et lut.

Adena Stiles, la folle jeunesse.

Adena Stiles, joueuse de tennis professionnelle, aurait été aperçu la semaine dernière sortant, au bras de Marcus Flemming, chanteur rock internationalement connu, d’une boîte branchée de Los Angeles, dans un état d’ébriété avancé. Trébuchant sur le trottoir et s’accrochant au coup de son prétendant, ils seraient tous deux montés dans la voiture de celui-ci avant d’échapper au flash de nos camér…


Megan posa le magazine sur ces genoux. Adena n’était plus Adena… En fait oui, elle était toujours Adena Stiles, l’Adena qu’elle connaissait depuis toujours et qui avait traversé le monde de Cascadia avec elle, mais elle n’était plus la même. Depuis leur entrée dans le monde du tennis professionnel, Adena avait débuté une rapide descente aux enfers alors que Megan s'était rapidement associé à une cause humanitaire et poursuivait ses études en médecine. Dena enchaînait les tabloïds scandales, on la qualifiait même de la Paris Hilton du tennis. Elles ne s’étaient pas adressé la parole depuis leur dispute… Depuis LA dispute qui les avait séparées.

Une homme en habit sortit Megan de ces pensées, la sommant de bien vouloir la suivre, la voiture les attendait dehors. Roberto, l’agent de Megan, marchait d’un pas pressé, les fesses serrées, se dandinant dans son complet noir a fines rayures blanches, sa cravate rose lui donnait un air cocasse. Alors que Megan tentait de rassembler ses livres et effet, Roberto ouvrait son palme et commençait à lui débiter d’une voix nasillarde son emploi du temps.

« 8 :00, scéance de photo pour la conférence de presse que tu présides, en tant que porte-parole, pour No Work For Children… 10 :00, Conférence de presse, 12 :00, tes heurs d’étude que tu as demandé, 14 :00, entraînement, 16 :00, la chaîne de télévision … »

Megan l’avait perdu dans son déblatèrement extrême. Elle Mit son sac à dos bien en place sur son épaule et balança le magazine où Adena figurait en première page sur la table, en murmurant « Pathétique. »

Chapitre deux

« Ne poussez pas, ne poussez pas! Il y en aura pour tout le monde!! »

François Cochet souriait (style sourire Colgate, nouvelle-fraîcheur-menthe-poivrée), regardant, d’un air mi-excité et mi-trop sur de lui la masse de fan qui se massait devant eux. Trop joyeux de ce trop plein d’attention, il profitait de ce moment tout comme l’on croque lentement dans une barre chocolatée, savourant chaque instant.

« Il y aura un petit morceau de François pour tout le monde! » dit-il en écartant vivement les bras, heurtant de plein fouet au visage son partenaire qui se tenait à ses côtés, mais un peu plus reculé, pour ne pas lui cacher la lumière, bien entendu!

Alors que François signait des autographes et posait joue contre joue devant les caméras, Sébastien observait ce cirque d’un air blasé et exaspéré. Pas qu’il était jaloux de l’attitude de la popularité de François, mais alors la pas du tout. Il savait qu’il était apprécié par les amateurs de tennis, les vrais. Ce qui l’exaspérait le plus, c’était de voir François s’accorder tous les mérites alors qu’ils étaient des partenaires en double, rien de moins. Mais cela, Cochet semblait l’oublier un peu trop souvent.

Sébastien signa quelques autographes à leur sorti de la limousine, regardant François faire son cirque devant lui. Dans quelques instants, il commencerait à raconter à tout le monde comment il avait sauvé Sébastien d’une situation précaire et comment il lui avait tout appris sur le tennis…

« Vous savez, j’ai pris Sébastien, pauvre petit joueur de tennis, avec moi pour enfin lui offrir une chance d’apprendre parmi les plus grands » dit François avec un doux sourire forcé.

Foule : Ohhhhhhh!
Fille un : Trop mignon!
Fille deux : Ce qu’il est aimable!
Fille trois : Un amour!
Sébastien, marmonnant : Il ferait mieux de pratiquer son revers au lieu que d’augmenter sa cote…
François, signant des autographes : Tu dis, Sébastien?
Sébastien : Je disais que je ferais mieux de pratiquer mon St-Césaire au lieu d’augmenter ma note?!?!?
François, ton bienveillant mais n’écoutant pas, les yeux rivés sur le papier devant lui : Ah oui, va fiston, bonne idée… Vous voyez comme je dois le diriger constamment!

Sébastien leva les yeux au ciel et pris son sac, poussant la porte de l’hôtel où ils avaient réservés leurs chambres, le Golden Palace. Après un rapide entretient avec le préposé à l’accueil, il monta à sa chambre, où il s’affala sur sa terrasse en fixant l’horizon. La liste des joueurs participant au tournoi ne l’avait pas étonné, il pertinemment qu’ils y seraient : leur rencontre potentielle l’angoissait au plus haut point.

Tout avait changé il y a un an. Et cela semblait être, le plus rationnellement possible, irrévocable.

Chapitre trois

Tous deux marchaient d’un pas rapide, dans le couloir, l’écho de leurs pas régulier résonnant dans le couloir d’un blanc étincelants, marqué à intervalles régulières d’affiches promotionnelles de Stormburst.

« Alors, ton tendon, comment il se porte? »
« Très bien, merci », lui répondit l’homme marchant au côté de la jeune fille. « Mais depuis quand tu t’inquiètes de mon tendon, Princesse? »

Sunny Capaducca souria, ses longs cheveux blonds flottant dans son dos, se balançant au rythme rapide de ses pas. Maintenant âgée de 18 ans, l’ancienne protégée du Président Bates avait pris plusieurs centimètres, et avait délaissé le rose pour un style mi-Ashlee Simpson, mi-Avril Lavigne, lui permettant de passé plus inaperçue dans la foule.

« Je ne m’inquiète pas pour toi, je ne fais que meubler la conversation! »
« Ah, oui, je me disais bien , aussi! » répondit son interlocuteur, un sourire dans la voix.

Gary Squib Furlong marchait aux côtés de Sunny, les mains dans les poches de son pull kangourou, ses cheveux relevés en pics sur la tête. Il abhorrait la tête de celui qui venait tout juste de sortir du lit et une fine barbe constellait son menton et ses mâchoires. IL semblait plus grand, plus droit, plus mature, plus.. enfin bref, plus homme, tout comme on peut s’attendre à ce qu’un jeune homme de 22 ans le soit.

« Alors, tu n’as pas attaqué d’autres journalistes, cette semaine, Sunny? » dit Squib d’un ton moqueur.
« Je ne l’avais pas attaqué, je l’ai poussé de mon chemin, c’est complètement différent! » répondit Sunny en gesticulant et se refrognant.

Squib ne répondit rien, sachant que lorsque Sunny faisait cette tête, il valait mieux attendre quelques instants avant de reprendre la parole, le temps de laisser à Sunny ces envies de vous arracher la tête de se calmer. La jeune Capaducca, rapidement adulée par des milliers de fans et ayant grandi trop vite sous les feux des projecteurs, avait eu une crise d’adolescence marqué par un goût de la vie privée, fuyant les caméras et journalistes comme la peste, maintenant terrorisé par son statut de vedette. Elle n’avait que 18 ans, et ne voulait que montrer qu’elle était la meilleure, sans néanmoins payer la rançon de la gloire. Mais ce n’était malheureusement pas possible.

« … mais d’où tu sors ces cernes, Squib, on croirait que tu n’as pas dormi depuis 1 semaine », dit Sunny, tentant vainement de changer de sujet.
« J’ai recommencer les cours par correspondance » répondit Squib en étouffant un bâillement sonore.
« Ah oui? Qu’est-ce que tu étudies maintenant… La littérature grecque? Les chinois ancien? La sociologie du 19e siècle? » dit Sunny en lui jetant amusé en biais.
« J’étudie la.. et puis non. Je vais te faire languir un peu. »
« Je finirai bien par le savoir, Squib. De toute façon, je vais avoir le temps de te faire cracher le morceau, à poireauter pendant trois heures pendant le shooting pour la nouvelle saveur de boisson énergétique » répondit Sunny. « Mais je te le dis, Furoncle, tu cours à ta perte, avec tes études. »

« Mais non, mais non. Megan O’Connor le fait aussi, tu sais. »
« Peut-être, mais Megan reste Megan. Pendant qu’on y est, tu lui as reparlé? », lui demanda Sunny.
« Non. Pas depuis un an. Je l’ai lu dans un magazine. » dit Squib, se crispant à cette question.

Tous deux arrivèrent devant un porte où étaient inscrit « Administration, Stormburst Lté ».

« Tu veux bien me dire dans quoi on s’est embarqué en acceptant d’être leur tête d’affiche? » demanda Squib.

Sunny s’arrêta sur le seuil, la main sur la poignée. Elle se retourna vers Squib, souriant vaguement et un éclair traversant ses yeux : « Dans notre ascension vers les palmarès, mon Squib. Les palmarès… »

Chapitre 4

Adena Stiles alla ouvrir la porte de sa chambre d’hôtel, prenant vivement le plateau que le tendait le petit garçon d’étage, tout étonné qu’il était de pouvoir servir la célèbre Adena, presque plus célèbre pour ses scandales et la courte longueur de ses jupes que pour ses victoires. Elle balança un billet au jeune homme, lui fermant la porte au nez et s’avançant en titubant jusqu’au sofa, où elle décapsula d’une main experte un flacon d’aspirine.

Elle but goulûment l’eau fraîche que contenait son verre, avant de s’appuyer contre le dossier du divan. Elle jeta un regard circulaire à la chambre : des vêtements étaient éparpillés partout et le sol était jonché de détritus divers. Elle entendit du bruit dans la chambre à coucher, et ferma les yeux quelques instants, se concentrant à se souvenir de l’identité de la personne qui allait sortir par les portes françaises d’ici quelques instants.

« Bon matin, Matthew. »
« Bon midi, mademoiselle. »

Elle regarda Matthew sortir de la chambre, baillant, le torse nu et portant une pair de jeans, où l’on pouvait voir ses caleçons Calvin Klein qui y dépassait. Matthew était le guitariste d’une formation rock anglaise, qu’elle avait rencontré il y a 2 mois, et qu’elle avait avec plaisir… RErencontré en boite.

Matthew s’essaya dans le fauteuil en face d’elle, feuilletant le journal qu’Adena n’avait même pas pris la peine d’ouvrir. En prenant son café déposé sur le plateau, elle remarqua l’enveloppe à l’effigie de Sunboss qui patientait près de la soucoupe. Elle soupira en la décachetant.

« Chère Madame Stiles,

Nous vous rappelons notre désir de vous rencontrer au sujet de votre commandites, dont nous voudrions renégocier les clauses. Nous sommes désolé de devoir vous apprendre que… »


Elle reposa l’enveloppe sur la table, ne sachant trop bien ce qu’était la suite. « Trop frivole et fêtarde, pas asses performante », il menaçait de lui souffler sa commandite depuis maintenant des mois, vu son classement qui ne cessait de chuter.

« On parle de toi, la dedans, Athena », dit Matthew en pointant le journal.
« C’est ADENA, moron », lui répondit la concernée en lui arrachant le journal des mains, tandis que Matthew se dirigeait vers la chambre en maugréant quelque chose ressemblant à « Ah ces sportives… »

Stiles et O’Connor à Wimbledon?

Adena Stiles et Megan O’Connor, anciennes étudiantes de Cascadia Tennis Academy, mais s’était perdu de vue depuis un an lors d’un conflit, se retrouveront sans doute à Wimbledon. La frivole Adena Stiles, aux performances plus que décevantes, aura tout avantages à prendre exemple sur son ex-amie O’Connor, exemple de travail et de d’acharnement, qui…


Matthew, enfilant ces chaussettes, n’entendit que le bruit mat du journal balancé sur le mur, suivit d’un cri enragé d’ ‘’Athena’’. Il en profita pour filer par la porte de service, sans dire un mot à l’ouragan qui se déchaînait dans le salon.

Chapitre 5

Elle attendait impatiemment dans le bureau du rédacteur en chef, ses doigts jouant nerveusement avec le bouton d’un poche de ses pantalons cargo beiges. Elle était assise là, avec son chandail rayé rouge et noir, ses longs cheveux rouges remontés sur son crâne, où plusieurs petites mèches sortaient dans tout les sens, tel un feu d’artifice. Le bruit des ordinateurs, photocopieurs et téléphone ne l’empêchait pas de rêvasser, perdue dans ses pensées, fixant l’horizon où se découpaient les buildings de New York.

« …Cody! Quelle joie de te voir! »

L’homme qui venait de pénétrer dans le bureau, l’apostrophant de la sorte, était bedonnant et chance, la chemise constellée de taches de café. Il traînait une épaisse pile de dossiers, farfouillant dans tous les sens tel un écureuil en quête de noisettes. Bon, cet écureuil devait bien peser dans les 300 lbs mais bon, vous voyez l’image.

« Tu as eu ma notice? » lui dit l’homme avant d’ajouter une étoile à son firmament de tâche de café qui recouvrait son abdomen.

-Oui, Monsieur Henry. Mes bagages sont prêts, ils attendent dans mon casier. Il ne me reste plus que on billet d’avion et…
-Le sujet de ton reportage, oui, je sais, je sais! Je voulais conserver un peu de mystère!
-C’est bien le mystère, mais pour se documenter à l’avance, c’est pas fameux!
-Tu feras tout ça dans l’avion, tu auras amplement le temps.


L’estomac de Cody se noua, sans qu’elle sache trop bien pourquoi. Elle pressentait quelque chose, ne sachant pas si c’était un bon ou mauvais présage.

«Quel est le sujet..? » demanda Cody, une pointe d’anxiété dans la voix.

-Dopage sportif. Tu iras sur le terrain.

Le poids dans l’estomac de Cody s’accentua. Elle devait s’attendre au pire, quoiqu’elle avait toujours un peu d’espoir d’échapper à son destin.

-Je couvrirai… le football? Soccer? Base-ball? Basket-ball?
-Non, beaucoup mieux, Miss Myers.
-…le...?
- TENNIS!!! Wimbledon, te voilà! , s’exclama son patron, un grand sourire au lèvre, renversant une fois pour toute tout son café sur sa chemise maintenant marbré de brun.

Sur ce, il se leva, lui souhaitant bon voyage et lui conseillant de ne pas rater son avion. Cody se leva et s’élança à la poursuite de « l’écureuil », alors que ce dernier faisait des commentaires aux personnes dans les bureaux qu’ils croisaient.

-Mais je ne peux pas couvrir Wimbledon!
-Ross, vérifie la mise en page du deuxième cahier, c’est déséquilibré.
-J’ai des raisons… personnelles!
-Caytlin, tu as le courrier du jour?
-Des raisons médicales?!?!?
-Alexander, tu veux bien m’apporter un nouveau café et, s’il te plait, une nouvelle chemise.
-PATRON! S’IL VOUS PLAIT!

Il se retourna lentement, ses sourcils froncés et le regard sévère.

« Écoute Cody… tu n’as jamais refusé un contrat et tu ne vas pas commencer aujourd’hui, j’ai déjà de choses à régler, avec cette chemise toutes tachées, sans avoir à gérer tes crises existentielles… »

-Mais…
-Il n’y a pas de mais, dans la vie, tu ne fais pas ce que tu veux, ni ce que tu peux, tu fais ce que JE DIS et je te dis que tu vas à Wimbledon! Bon voyage, bon vol et rapporte moi quelque chose de choc!

Il s’éloigna, vociférant des ordres un peu partout dans la salle de rédaction, laissant une Cody désemparée, le regard fixé au loin, les bras pendant des chaque côté de son corps.

Leurs chemins avaient pris des tournures différentes au cours de la dernière années, elle le savait bien. Elle suivait leur classement, les petits potins sur leurs vies, sans leur avoir adresser la parole depuis des lustres. Ils avaient cheminer, et elle aussi d’ailleurs. Pourquoi avait-elle donc l’impression que ce fichu tournoi allait encore tout bouleverser?

Elle ne sait pas s’ils avaient le goût de se rappeler. Elle ne savait pas si ELLE avait le goût de se rappeler.

Chapitre 6

Squib revenait vers la réception de l’hôtel, balançait sa raquette de tennis d’un côté et de l’autre, profitant de ce moment de répit dans le centre-ville londonien, où aucun passant ne semblait l’avoir reconnu. Il poussa la porte de l’hôtel, sous les airs étranges d’un gardien qui le regardait de côté, lançait quelque chose sur son walkie-talkie. Il s’avançait vers les ascenseurs quand le préposé à la réception s’avança vers lui, l’apostrophant.

« Désolé, Monsieur, mais il n’y a que les clients qui ont droit de pénétrer aux étages supérieurs. »

Squib fixa l’homme pendant quelques moments. Voyant que ce dernier le fixait, il se retourna à gauche et à droite, vérifiant qu’il n’apostrophait pas un quelconque jeune qui aurait voulu violer l’espace privé des clients de ce chic hôtel.

Ne voyant personne, Squib se retourna vers l’homme qui le toisait d’un air supérieur.

« C’est à MOI que vous parlez? »

Squib faisait toujours attention à ne pas se prendre la grosse tête, ayant connu, lui aussi, des périodes assez sombres. Mais le fait de se retrouver dans ce hall d’hôtel, dégoulinant et puant, ne rêvant que d’une douche, le troublait quelque peu. Plusieurs stars de tennis descendaient à cet hôtel pour Wimbledon : il avait l’air de quoi, d’un ramasseur de balles?

-Oui, c’est à vous que je parle, et je vous prierais de quitter les lieux sans brusqueries, sinon je me verrai obliger d’appeler les gardes de sécurité.
-Mais on est en vrai délire!

Squib regardait partout autour de lui, dans l’espoir de trouver quelqu’un qui viendrait remettre à point les connaissances basiques sur le tennis et ces joueurs à ce préposé. Bon, il est vrai que Squib avait présentement l’air d’un adolescent attardé, sans aucune barbe, les dirigeant de Stormburst l’ayant obligé à la raser pour la prise de photos, et que ses vêtements amples de sports et son bandeau lui donnait des petits pics hérissés dans les cheveux lui enlevait quelques années, mais Squib était encore Squib, et ses yeux bleus lançaient présentement des éclairs au préposé.

-Avez-vous la moindre idée de qui je suis?!?
-Je n’en ai que faire, Monsieur. Veuillez gagner la sortie.

Le préposé poussait gentiment Squib dans le dos vers la grande porte tournante, alors que Squib agitait les bras, lançant des regards frénétiques derrière lui.

-Mais je suis un joueur! Au tournoi! À Wimbledon!
-Mais oui mais oui!
-Sérieusement! Je suis sur toutes les bouteilles de boissons énergétiques au pays!
-Oui, et moi je suis le brosseur du caniche de la reine d’Angleterre! Non, mais vous croyez que je vais croire un adolescent imberbe?

On pouvait plaisanter sur plein de choses avec Squibby. Mais PAS SUR SA BARBE.
-MAIS J’AI DE LA BARBE! MAIS IL ME L’ONT RASÉ! RASÉ? VOUS SAVEZ, UN TRUC QU’ON FAIT AVEC UN RASOIR? NON MAIS C’EST BIZARE QUAND MÊME, RASOIR ET RASER, QUE ÇA SE RESSMBLE! RASER! RASER! RASER!
-Tout à fait, tout à fait! Allez, allez, sortez, le caniche de la reine m’attend!

Le préposé allait pousser Squib dehors une bonne fois pour toutes en riant aux éclats de sa blague quand une voix interrompit son geste.

-Si j’étais vous, Monsieur, je lâcherais ce jeune homme. Son service est meurtrier, et sa 6e place au classement mondial des meilleurs joueurs de tennis pourrait vous faire perdre votre emploi.

Le préposé regarda l’homme, son regard revenant doucement sur Squib.

-M-m-m-onsieur Furlong?
-En personne. Il était pas trop tôt… répondit Squib, secouant son chandail où l’homme l’avait agriper, une moue sur le visage.
-Mon dieu, je me confonds en excuse! J vous fais livrer du champagne à votre chambre! Tout de suite! … oh mon dieu, le patron va me tuer!

L’homme s’éloigna rapidement, se prenant la tête à deux mains, et priant pour conservant son emploi et sa tête.

Squib se retourna pour remercier son bon samaritain. Ouvrant la bouche pour lui exprimer sa reconnaissance, il la referma après quelques secondes. Il fixa l’homme un long moment, soutenant son regard.

-Sébastien Dubé… murmura Squib.

Sébastien se tenait la, les mains dans les poches. Il portait une chemise beige à rayures, et ses mains étaient cachées dans les poches de son jeans. Ses cheveux semblaient être encore légèrement mouillés et ses yeux ne quittaient pas Squib.

-Bonjour, Squib.
-Tu as l’air a bien aller.
-… toi aussi.

Squib baissa les yeux et regarda ses shorts bleus et son chandail jaune, et il retira sa palette en ébouriffant des cheveux.

-Je devrais te remercier pour la chambre…
-… il n’y a pas de quoi.
-…mais je ne le ferai pas. C’est bien la moindre des chose que tu me dois.

Sébastien en répondit rien, mais son regard alla se perdre au loin, où la baie vitrée laissait entrevoir le trafic londonien.

-Même après un an, tu m’en veux encore, à ce que je vois.
-Très perspicace, French Prince.

Un petit sourire fit retrousser les lèvres de Sébastien au son de ce surnom, qui lui rappelait tant de souvenirs.

Avant que Sébastien ne puisse ouvrir la bouche, François Cochet débarqua dans le hall au bras d’un grande et plantureuse blonde qui se repoudrait le nez.

-Ahh ! Sébastien! J’ai des photos pour mon fan club sur la table dans ma chambre. Tu me les signeras, s’il-te-plait, je suis é-pu-i-sé.
-Je vois, dit un Sébastien crispé et la mâchoire serrée.
-Et tu… ah mais qui vois-je, un autre jeune admirateur! Vous voulez un autographe?, dit-il en se retournant vers Squib.

Squib ouvrit les yeux grands. « Quoi? Moi? Mais bon sang, j’ai l’air d’avoir quel âge, 16 ans? Vivement que cette foutue barbe repousse! »

-Alors, vous le voulez cet autographe?
-Non, répondit Squib.
-Parfait, dit François, ne l’écoutant point et sortant un carnet de la poche de sa veste intérieur. Je le fais à quel nom?
-Spiderman.
-« À Spiderman, de François Cochet. » Et voilà! Bonne chance en tout, et que la chance te sourisse! , dit-il en levant le pouce en l’air avant de s’avancer vers la sortie.

Sébastien se tenait là, secouant la tête, s’apprêtant à sortir dîner avec François et sa nouvelle conquête. Il marchait vers la sortie quand Squib ouvrit la bouche et prononça des mots qu’il n’aurait jamais cru prononcer, et même longtemps par la suite, il se demanda pourquoi ils étaient sorti de sa bouche.

« Hé! Seb! »

À ce surnom familier, Sébastien retourna la tête, un triste sourire nostalgique sur les lèvres.

« Je vais recevoir une bouteille de champagne ce soir, dans ma suite, un peu à cause de toi. Viens boire un verre, après ta séance « signature de photos » ».

Sébastien le regarda quelques instants, et finit pas hocher la tête. Il continua à avancer par la sortie, le dos droit, les yeux dans le vague. Et pendant de longues minutes, Squib regarda la porte tournante pivoter après le passage de Sébastien, comme envoûté par ce mouvement continue, qui ne cessait jamais.

Chapitre 7

Cody pianotait sur son clavier de portable, confortablement calée dans son siège d’avion, classe économique, à proximité du hublot. Ils étaient maintenant à des milliers de mètres au dessus de l’océan Atlantique. Elle avait regarder la terre défilée sous elle pendant quelques minutes, mais avait rapidement ouvert son ordinateur, tentant de chasser tous ce qui lui passait par la tête, choses dont elle se serait bien passé. Elle fixait l’écran de ces yeux bleus limpides, la tête allant légèrement de gauche à droite au fur et à mesure qu’elle déchiffrait les articles scientifiques qui défilaient sous son regard.

Les stimulants : Les amphétamines, la cocaïne, la caféine et les produits dérivés sont les plus utilisés.
Les stimulants sont consommés pour accroître la concentration, l'attention, réduire la sensation de fatigue. Ils augmentent l'agressivité et font perdre du poids. Ces produits interviennent sur le système cardio-vasculaire et neurologique. Leur consommation peut entraîner des troubles psychiatriques.
Le dépassement du seuil physiologique de la fatigue entraîné par l'usage de ces substances peut provoquer de états de faiblesse pouvant aller jusqu'à l'épuisement, voire jusqu'à la mort.

Les agents anabolisants : Selon la dose consommée, ces produits provoquent des tendinites, de l'acné majeure, des maux de tête, des saignements de nez, des déchirures musculaires, des troubles du foie, voire des cancers et des troubles cardio-vasculaires pouvant entraîner le décès.

La consommation de corticostéroïdes entraîne en particulier une fragilité des tendons, des déchirures musculaires, des infections locales et générales. Les symptômes vont de la simple fatigue chronique avec une chute des performances, à une défaillance cardio-vasculaire pouvant conduire au décès.


Cody frissonna à la seule lecture de ces renseignements. Comment de talentueux sportifs pouvaient risqués leur vies afin de trouver la gloire?

Elle secoua la tête et posant ses lunettes à monture rouge sur sa tête. Elle laissa sa tête s’appuyer sur le dossier de son siège et laissa son regard vagabonder sur les nuages qui formaient une étrange couche molletonnée. Après quelques instants, sa respiration se fit régulière et lente : elle s’était assoupie.

Elle se mit à rêver, dans un sommeil agité, sa main se crispant inconsciemment sur l’appuie-bras de son siège, sa tête étant secouer par de légers spasmes. Tout était flou… Elle se voyait quitter Cascadia, plusieurs mois auparavant, le soir où tout avait changé. Voyant la tournure de cette amitié qui devait être éternelle, elle avait accepté sur un coup de tête la bourse d’étude qui lui ferait découvrir l’art italien, et échapper à ce climat de dispute une fois pour toute. Elle se revit monter dans la voiture de son père, en jetant un dernier regard au travers des grilles qui se refermait, grilles qui ne serait plus jamais traversé par aucun des Top Guns. Elle était partie à l’aéroport en fixant les arbres qui défilaient à sa fenêtre, tentant de se représenter les visages de ces jeunes qu’elle craignait ne plus jamais revoir. Et tout d’un coup, Godzilla vint tout détruire d’un coup de pattes, ses pieds grotesques catapultant une maison de retraite 6 coins de rues plus loin.

C’est sur cette image que Cody se réveilla en sursaut, Godzilla faisait des siennes sur l’écran en «plastique où était projeté « Godzilla attaque ». L’adolescent qui occupait le siège à ses côtés abhorrait un air blasé devant toute cette bestialité, alors que son petit frère, qui semblait trop terrifié pour regarder, jetait quand même un coup d’œil à travers ses doigts légèrement écartés qui couvraient ses yeux, avant de les refermer précipitamment.

Cody grogna et se massa le coup, ayant dormi un long moment appuyé contre un hublot qui n’avait rien de confortable. Au moment où elle recommençait en pianoter sur son ordinateur, une femme ressemblant comme deux gouttes d’eau à Barbie, modèle hôtesse de l’air, la somma de bien vouloir redresser la petite tablette car ils allaient bientôt atterrir à l’aéroport de Londres.

Elle se faisait remettre en place par Barbie et elle avait un mal de chien au niveau de la nuque. Quelle chance. Nouveau grognement.

Soupir.

Chapitre 8
Rick offrit son bras à Sammy, qui le repoussa, jetant un regard désespéré à son cavalier, qui la laissa passer en secouant la tête. Il la suivit, plaçant ses mains dans les poches de son pantalons et faisait un petit signe de tête entendu au garçon. Il avançait à la suite, ses pans de veston s’ouvrant légèrement à chaque pas, dévoilant sa chemise rouge et sa cravate qu’il ne semblait être capable de garder nouée plus de deux secondes. Ses cheveux étaient encore et toujours hérissés, étant quasi-impossible à discipliner.

Il s’assit en face de Sammy, qui regardait autour d’elle d’un air critique.

« Mais qu’est-ce que c’est long! »
-Nous ne sommes assis que depuis une minute… répondit Rick en ouvrant la carte.
-Et puis alors? Il devrait être choyé et ému de me voir, moi, Sammy Hang, 4e mondial, dans leur petit restaurent de pacotille!
-Permet moi de te rappeler, mon petit requin adoré, que nous sommes dans un des meilleurs restaurants de la ville.
-Tu t’es toujours contenté de bien peu, Rick, répondit Sammy en prenant le menu dédaigneusement.

Rick soupira et lut les plats hors de prix qui s’offrait à eux. Dans une vaine tentative de calmer l’ouragan assis dans la chaise en face de lui, ou autrement dit sa petite amie, Rick tendis la mais sur la table, laissant sa paume ouverte vers le haut, en espérant recevoir celle de Sammy. Cette dernière lui jeta un bref regard, avant de se caler plus profondément dans son siège et de repartir à la chasse du repas le plus coûteux, sans faire aucun geste vers Rick. Il ramena sa main vers lui, laissant entendre au serveur d’un petit signe discret qu’une petite boisson serait la bienvenue. Un scotch. Et un double.

Sammy regardait toujours le menu quand elle daigna enfin renouer la conversation. « J’ai entendu dire de l’action, à Wimbledon, cette année… Adena Stiles est en ville… » Sammy rit d’un rire froid et glacial. «Quelle potiche! Tous les scandales qu’elle attire, passant d’un homme à un autre! Elle… »

Mais il y avait longtemps que Rick ne l’écoutait et ne l’entendait plus. Le nom d’Adena avait fait ressurgir une foule de souvenir, qui était revenu à sa mémoire comme l’on sort une vieilles boites de photos que l’on cache bien loin dans la penderies, de peur d’y retrouver de mauvaises surprises… Sammy déblatérait et potinait toujours, critiquant tout des joueurs du tournoi, en passant par le choix des nappes du restaurent et de la coiffure hérissée habituelle de Rick. Ce dernier était cependant absorbé par ces pensée, ces yeux bleus fixés sur le reflet des chandelles sur sa coupe de cristal. Il était loin, très loin. Et dix mois en arrière.

* * * * * * * * * *
Dix mois auparavant

Les Top Guns, Rick et Cody venant de terminer leur toute dernière année à Cascadia, depuis un mois à peine. Tous avaient entamé leur vie professionnelle de plein pied, certains d’une façon plus remarquable que d’autre. Ils s’étaient tous retrouvé, le temps d’un soir, à une petite soirée dans le nouvel appartement de Rick. Une dernière soirée avant de partir chacun de leur côtés, en échangeant des promesses de s’écrire, de se rendre visite le plus souvent possible, et de se retrouver à divers endroits stratégiques au cours de l’année. Mais cette soirée avaient… changée les plans initiaux.

Des choses avaient été dites et faites. Des choses qui semblaient, à tout point de vue, irréparable. Du moins, c’était le point de vu des ces six jeunes, qui étaient encore protégés des durs obstacles de la vie, jusqu’à tout récemment.

Mais la vie réserve des surprises. Inattendues et… non voulues.

Megan était toujours la même Megan, quoi que son entré dans le monde du tennis professionnel en avait fait un personne encore plus acharnée, si cela pouvait exister. Sérieuse, travaillante ; Megan était resté Megan.

Sébastien n’avait que peu changé, mais était devenu quelque peu sérieux et angoissé au cours de derniers mois d’études à Cascadia : sa situation financière précaire le postait dans une mauvaise position pour faire son entrée dans le tennis professionnel, les commanditaires manquant à l’appel et son père ne pouvant l’aider pour couvrir les déplacements. Beaucoup plus silencieux qu’à l’habitude, des cernes marquaient désormais ses yeux, et son visage semblait être moins souvent illuminé par son sourire charmeur. Mais Sébastien était toujours Sébastien.

Squib et Adena étaient probablement ceux ayant le plus indéniablement changés. Tous deux avaient fait leur entrée dans le monde des plus grands avec un facilité déconcertante, se prenant quelque peu la grosse tête. Ils étaient deux jeunes vedettes talentueuses, et il le savaient bien. Les deux cassaient la baraque, abusant un peu des bonnes choses de la vie. Mais ils étaient foncièrement bons, ne réalisant pas vraiment que le changement dans leurs attitudes. Leurs amis les laissait aller, pensant que tout rentrerait dans l’ordre. Ils continuaient à espérer.

Rick avaient fait son entrée au canal CNC, étant recherchiste sportif. Il avait abandonner le tennis, sachant pertinemment qu’il ne pourrait percer dans ce domaine. Il avait enfin trouvé quelque chose dans lequel il était doué, autre que dans l’art de lécher les bottes de Bates. Enfin.

Cody les voyait évoluer dans ce tout nouveau monde, ayant elle aussi à s’accomplir dans son propre domaine. Cody étant Cody, elle se torturait elle même, sachant qu’elle devrait quitter son refuge à Cascadia un jour, bien qu’elle en fut pour le moment incapable. Et de les voir quitter cette école avec une mine presque joyeuse la rendait triste et la terrifiait, croyant qu’il n’y avait peut-être qu’elle qui tremblait à l’idée de devenir une véritable adulte et à l’idée qu’elle seule avait la peur atroce de les perdre, dans leur ascension des palmarès. Mais malgré tout, elle gardait le sourire.

Et se soir là, tout avait dérapé.

Chapitre 9
Rick avait accueilli les Tops Guns dans son nouvel appartement, bicoque petite mais spacieuse, qui deviendrait un château sou peu, lorsque Rick deviendrait le « roi des ondes », comme il se plaisait à le dire. L’air était à la fête, les rires fusaient de tous les côtés, et l’alcool coulait à flots.

Megan sirotait sa coupe de champagne, tandis qu’Adena et Squib étaient dans un étrange mélange de vodka et de jus de fruits depuis un bon moment. Ils étaient assis au salon à discuter quand un téléphone cellulaire sonna.

Cody : Oui?
Squib : Squib Furlong, dieu du tennis à l’appareil?
Megan : Allo?
Adena : Oh mon dieu j’ai failli l’échapper dans mon verre (gloussement). Mais qu’est-ce qu’il a, ;a se lancer par terre de lui même, ce téléphone? (nouveau gloussement) Allo, Miss Stiles à l’appareil?
Rick : Maîtres des clés, bonjour?
Sébastien : Oui bonjour? Oh oui… très bien et vous? Vous patientez un instant, je change de pièce, trop de tumulte autour…

Sébastien s’éloignant en discutant au téléphone, alors que les autres rangeaient tant bien que mal leur appareil en reprenant la conversation. Bon, Adena échappa encore son téléphone deux ou trois fois en gloussant, mais peu importe.

Sébastien revint après quelques instants, un sourire au lèvres. Personne ne l’avait vu sourire de cette façon depuis des mois, et toutes traces d’angoisses semblait avoir disparu de son joli visage.

-Qu’est-ce qui se passe, French Prince?, lui demanda Cody qui avait cessé de rire de l’imitation de morse de Rick.
-Vous n’en croirez pas vos oreilles. J’ai eu une offre de partenariat.
-Génial! Avec qui?
Sébastien fit une pause, laissant traîner son regard sur le groupe, qu’il voulait faire languir. Il finit par répondre, avec un timbre d’enfant surexcité dans la voix : « François Cochet! »
-Quoi?, s’écrièrent d’un ton agréablement surpris Cody, Adena, Megan et Rick.
-QUOI? lança Squib en se levant précipitamment, son verre tomba dans un grand éclat sur le parquet. Il avait l’air de tout, sauf d’être agréablement surpris.
-Je vais jouer en double avec François Cochet, répondit Sébastien, la voix désormais calme et posée.
-François Cochet… FRANÇOIS COCHET? Mais tu rigoles? Q’est-ce que tu fais de notre duo? De notre plan? De notre équipe de double qui devrait tout ravager d’ici quelques années?
-Oh, je ne savais pas que tu y pensais encore, entre tes fêtes et tes sorties avec les mannequins!
-Quelles mannequins? s’enchérit rapidement Cody, que personne ne sembla écouter.
-Sébastien, tu ne peux pas me faire ça! Traître! Lâcheur!
-Squib, je n’ai pas les moyens d’attendre que tu te prennes finalement au sérieux! Tu connais ma situation! Tu sais que j’ai besoin d’être reconnu, et vite!
-Je mène ma vie comme je l’entends, le français! L’argent, l’argent, l’argent, tu n’as que ce mot à la bouche ces derniers temps!
-Ce n’est pas avec des mélanges de vodka et des jeunes femmes plantureuses que je payerai mon loyer, Squib.
-FEMMES PLANTUREUSES? cria désespérément Cody, avant que Megan ne la traîne à la cuisine, en compagnie d’Adena et de Rick.
-C’est ça alors! Laisse tomber ton meilleur copain pour aller faire copain-copain avec ton Cochet! Et amuses-toi bien! C’est mon dernier mot!, dit Squib en titubant légèrement, en pointant un doigt accusateur vers

Sébastien qui éleva la voix lui aussi.

-Si tu prenais le tennis un peu plus au sérieux et que tu comprenais le sens du mot entraînement, tout aurait pu être différent! Je ne resterai pas assis sur mes lauriers à attendre que le grand, le magistral et le fantastique Squib Furlong daigne faire un TOUT PETIT EFFORT!
-NON MAIS C’EST LE BOUQUET! Depuis quand tu es devenu aussi ennuyeux?
-Depuis quand tu a pris une si grosse tête?

Les éclats de voix parvinrent longtemps aux autres membres du groupe, qui avait élu refuge dans la cuisine en silence. Par la suite, Rick entraîna Cody sur la terrasse tandis qu’Adena racontait à Megan sa dernière sorti avec ce joueur étoile de football, dont le nom échappait complètement à Megan, et dont elle se foutait carrément.

Rick s’assit dans une chaise longue, observant les étoiles.

-Alors, quand tu vas lui dire?
-Dire quoi à qui?
-Ne fais pas ton innocente, Myers. J’imite le morse de façon magistral mais ce n’est pas mon seul talent. On ne cache rien au surveillant des dortoirs.

Cody rit de bon cœur. L’air du soir était frais et faisait du bien à ses joues en feu, rougit par le vin qu’elle avait bu plus tôt.

-Je ne sais pas. Je ne sais plus si je dois lui dire.
-Cody, toi et Squib vous tourné autour depuis votre première journée à Cascadia. Devenez adulte, une bonne fois pour toutes.
-Qui parle, Monsieur je ne…
-On ne parle pas de moi, mais de toi!, s’écria Rick précipitamment, se redressant sur sa chaise.
-Je sais je sais, on ne parle jamais de toi!
-Écoute, Squib amorce une descente aux enfers! Il deviendra bientôt incontrôlable! Il boit et fête beaucoup trop, son jeu en ai déjà affecté!
-Je n’avais pas besoin d’un professionnel de la recherche sportive pour la télévision pour m’en apercevoir, Geddes!
-Ce n’est pas le recherchiste qui parle, c’est l’ami!

Cody resta silencieuse quelques moments. Elle fixait les étoiles au-dessus d’elle, se demandant si ces petites lanternes illuminant les cieux pourrait la guider dans les mois à venir. Elle était perdue et ne savait plus ou aller. Ou plutôt elle avait jadis su ou aller, mais cette direction semblait tortueuse et inaccessible.

-Tu n’es qu’une trouillarde, Myers.

Rick était debout, et il la regardait de haut, les mains sur les hanches.

-PARDON?
-Tu-n’est-qu’une-trouillarde, Myers.
-J’avais compris la première fois!
-Tu as peur de dire à Squib ce que tu ressens. Tu as peur de l’aider. Tu as peur de ces mannequins qui lui tournent autour. Tu as peur d’accepter ce stage en Italie car il pourrait ne plus être la à ton retour. Tu…
-Geddes, de quoi tu te mêles?
-Je me mêles de ta vie, que tu ne sembles pas capable de gérer par toi même, apparemment!
-Non mais je rêves! Rick Geddes, le bouffon de service, le lécheur de bottes de Bates, qui n’avait pas d’avenir jusqu’à tout récemment, me DIS QUOI FAIRE!

Rick regarda au loin, le regard perdu dans le vide. Cody, de son coté, respirait fort, réalisant à peine ce qu’elle venait de dire à Rick.

-Pas d’avenir…
-Non, Rick, ce n’est pas ce que je voulais dire…
-Oh que oui!, s’écria Rick en la fixant droit dans les yeux.

Ses yeux lançaient des éclairs et étaient réduits à deux minuscules fentes qui ne laissaient voir qu’une petite tache bleue limpide de son iris.

-Je croyais que tu étais différente, Myers. Mais NON! TU ÉTAIS COMME LES AUTRES! LES FABULEUX TOPS GUNS! MAIS QU’EST-CE QUE J’AI PENSÉ EN CROYANT QUE J’ÉTAIS FINELMENT L’UN DES VOTRES!?!?
-Non, Rick!
Cody s’aggripa à son bras, qu’il repoussa au même moment.
-Tu devrais t’occuper de ta petite vie, Myers, au lieu de traîner avec un minable comme moi, hein? Tu n’as plus besoin de me prendre en pitié.

Rick claqua la porte de la terrasse, laissant Cody seul dans la nuit, aggripant la rambarde de la terrasse avec une envie de l’arracher et de la lancer au bout de ses bras, mais aussi de s’y tenir, tenir jusqu’à ce que le monde arrête de tourner, jusqu’à ce que tout rentre dans l’ordre, et jusqu’à ce qu’ils ne soient que de pauvres petits adolescents insouciants, comme à leur entrer à Cascadia.

Au loin, les éclats de voix de Megan et Adena traversait les carreaux et se perdait dans le ciel marine.

Chapitre 10

« Tu n’as jamais compris qu’il y avait d’autres choses que le tennis dans la vie! »
-Et tu n’as jamais compris que ma vie, c’est le tennis! Mais sur quelle planète tu vivais ces dernières années? Adena-Stiles-Land?

Adena et Megan était debout, de chaque côté de la table, leurs traits colériques auréolés par l’éclairage tamisé du lustre suspendu au dessus
d’eux. Leurs mains fendaient l’air et elles se regardaient d’un air menaçant.

-Adena, tu ne vois pas que tu te détruis?
-Me détruire? Mais tu es dingue O’Connor, dors un peu plus au lieu de te lever a 5 :00 pour aller courir, c’est bon pour le mental!
-Arrêtes de tout prendre à la légère! C’était correcte lorsqu’on était dans le petit monde surprotégé de Cascadia, mais nous sommes dans le vrai monde maintenant!
-Justement, et j’entends bien en profiter!
-Comment? En récolter le plus de scandales aux tabloids?
-POURQUOI PAS! Je fais la fête, je suis une grande fille! Tu n’as plus à me surveiller constemment, Megan!
-Oh ça je le sais, Adena! Tu veux toujours tout, toute l’attention, mais qu’on te laisse faire tout ce que tu veux!

Megan regardait Adena, s’arrêtant de parler pour respirer, passablement essouflé.

-Tu sais ce que tu es, O’Connor? Tu es jalouse.
-Oh mais oui bien sur!
-TU ES JALOUSE! TU AS TOUJOURS ÉTÉ JALOUSE! Pour le tennis, les garçons, l’attention, tout! La seule chose que tu as réussi mieux que moi, c’est tes études et personnes ne veut sortir avec une petite intellectuelle ennuyante et trop sérieuse!

Adena, son verre de vodka à la main, avait craché ses mots à une Megan qui la regardait bouche-bée. Les poings de Megan se crispèrent, ses joues devinrent rouges et une petite voix lui criait à l’intérieur « vas-t’en avant qu’il ne soit trop tard ». Mais elle ne l’écouta pas et Megan O’Connor explosa.

-J’aime mieux faire des efforts que d’être une pauvre joueuse dévergondé comme toi! Tu ne penses plus à rien, tu agis sans réfléchir! On dirait que tu as oublié l’utilisation principal de ton cerveau ces temps-ci! SI tu as un cerveau bien entendu!
-Tu te crois maligne, Megan?
-OUI’ JUSTEMENT! IL PARRAIT QUE C’EST TOUT CE QUE J’AI L’INTELLIGENCE!
-JALOUSE!
-FILLE FACILE!
-D’UNE PLATTITUDE EXASPÉRANTE!
-ÉCERVELÉE!
-INNINTÉRESSANTE!

Megan regarda Adena quelques instants, à bout de souffle. Adena regardait Megan, ses doigts crispés autour de son verre, la respiration saccadée. Les mots qui avaient été propulsée de leur bouche n’auraient sans aucun doute du sortir façon aussi brutale, mais l’alcool avait le don d’amplifier les choses et de faire sortir, même Megan O’Connor, de ses gonds.

-Je n’en reviens pas de ce que tu es devenu, Adena. J’en suis presque triste. , dit Megan en la fixant droit dans les yeux.
-Ah oui, et pourquoi, O’Connor? Parce que je suis la futur star montante du tennis et que j’ai tous les hommes à mes pieds?, lui répondit Adena sur un ton railleur, ce qui ajoutait de la tension dans l’air.
-Je dirais plutôt parce que tu dois te détester terriblement en ce moment pour t’infliger tout ce cirque qu’est devenu ta vie, mais bon, c’est toi qui voit, Stiles.

Stiles. O’Connor. Leurs noms de famille respectifs, qu’elles n’utilisaient que rarement lorsqu’il y avait des froids entre elles. Et en ce moment, dans la cuisine jaune canari de Rick, elle ne semblait plus être en mesure de prononcer les prénoms qu’elles avaient prononcé de maintes fois, dans la noirceur des dortoirs ou sur les courts.

-Ma vie est parfaite comme elle est., répondit Adena sur un ton froid, fixant Megan.
-À d’autres, Stiles.
Megan tourna les talons et s’apprêtait à sortir de la cuisine quand la voix d’Adena, une pointe de moquerie qui brisa le cœur de Megan, lui lança :
-Parce que tout le monde le sait, la grande Megan O’Connor est parfaite, tellement parfaite qu’elle est seule depuis… hum laisser moi réfléchir… toujours? Son mariage avec le tennis est d’ailleurs prévu pour bientôt!

Megan se retourna, et son visage reflétait une telle expression de furie qu’Adena eu un mouvement de recul. Cette dernière sortie aussitôt par la porte donnant sur le couloir, rejetant sa tignasse sur son épaule.
****
Adena traversait le corridor quand elle percuta un Sébastien en furie, rouge de colère qui marchait à grande enjambées vers la sortie. Elle lui attrapa le bras, le forçant à s’arrêter.

-Sébastien, mais qu’est-ce qui se passe?
-Je viens de réaliser que Squib est un parfait idiot! Mais à part ça tout baigne, le ciel est bleu et la mer et calme, il faut croire!, s’écria Sébastien furieusement.
-Je comprends…
-J’en doute.
-Non, je t’assures. Situation similaire, mais avec Megan.
-Megan, une idiote? Mais c’est ta meilleure amie!
-Je te ferai remarqué que Squib était le tien il y a quelqu’un instants. Maintenant que nous sommes seul au monde, on pourrait se réconforter un peu…

Sébastien rit, croyant qu’Adena rigolait, comme à l’habitude. Elle secoua ses cheveux et il se passa la main dans les cheveux.

-Écoute Adena, je crois que je vais y aller, je ne me sens plus à ma place, ici.

Adena resta interdite. Elle entendait quelque chose. Un petit claquement sec sur le parquet, qui venait droit dans leur direction. Sans vraiment réfléchir à ce qui se passait ou ce qui allait se passer, elle plaqua Sébastien et plaça sa bouche contre la sienne.

Sébastien ouvrit les yeux de surprise pendant une demi seconde. Ensuite, il ne pouvait pas vraiment explique ce qui devait se passer. IL ferma les yeux, et l’alcool lui fit oublier pendant quelques instants que ce n’était pas une Adena Stiles saoule qu’il tenait dans ses bras, mais bien une Megan à qui il aurait avouer tous ces sentiments. Étant emporté par il ne savait qu’elle vague d’intense chaleur, il lui rendit son baiser.

Lorsqu’il réalisa que ce n’était qu’une Adena qui lui lavait les amygdales en profondeurs, il la repoussa brusquement, encore haletant de leur baiser passionné. Il sentit un regard posé sur eux. Il tourna la tête pour apercevoir Megan et Rick qui les regardait, leur visage vides d’expression, sans rien dire.

Adena avait reconnu le petit claquement des souliers de Megan, il n’y avait aucun doutes la dessus. Elle savait qu’elle les verrait, et en y réfléchissant, le lendemain matin, tout en décapsulant son cachet d’aspirine, elle se rappela avoir penser pendant quelques instants, que de toutes façons rien ne pouvait être pire, et que Megan O’Connor ne la traiterai plus jamais comme elle l’avait fait ainsi. Mais en réalité, Megan ne la traiterait plus jamais de rien, point.

-Megan… , dit Sébastien d’une voix confuse et suppliante.
Megan le fixa dans les yeux pendant un moment qui lui sembla une éternité.
-Ne m’adresse plus jamais la parole, Dubé. Jamais.

Sur ce, elle se dirigea vers la porte, accompagnée de Squib et Cody qui hurlait l’un à l’autre.

-Je croyais qu’on était… qu’on était…
-Qu’on était quoi, Squib?, cria Cody, au bord des larmes.
-QU’ON ÉTAIT QUELQUE CHOSE! Mais non, toi, tu te barres en Italie sans rien dire, presque en oubliant de m’avertir!
-Mais j’allais t’avertir!
-Trois jours avant ton départ!
-Qu’est-ce que ça importe?
-Ça importe que j’aurais pu y changer quelque chose!, cria Squib, mettant sa veste en toute hâte.
-Mais on va s’écrire!
-Mais tu n’as vraiment rien mais rien compris, Myers? As-tu au moins jamais pris la peine de comprendre?

Cody, Squib et Megan partir dans un intervalle de deux secondes chaque, Megan quittant l’appartement la dernière, claquant la porte avec une telle violence que le cadre où était exposé une ultime photo du groupe tomba
sur le sol et se fracasse.

Adena posa la main sur le bras de Sébastien.

-Seb…
-Toi, ne me touches pas! Tu savais que c’était elle? TU SAVAIS! TU LE SAVAIS!, cria Sébastien en gesticulant, attrapant son veston et se précipitant à l’extérieur.

Adena resta sans bouger quelques instants. Elle finit par se retourner et regarda Rick, qui restait encore là, sans bouger. Rick, qui la regardait, avec un dragon qui rugissait dans le creux de son ventre. Elle lui avait dit de l’attendre. Elle lui avait dit qu’il y avait de l’espoir. Il n’avait fait qu’attendre, patiemment, de pouvoir atteindre la petite lumière au bout du tunnel. Mais aujourd’hui, la lumière nommée Adena avait radicalement changé toute la situation, lui démontrant implicitement, encore une fois, qu’il n’avait été qu’un crétin de croire à ces bêtises.

Rick détourna le regard, et Adena partie en boitant, un de ses souliers en talons hauts dans les mains. Au dernier moment, elle balança son verre contre un mur, dans un cri de rage et de douleur. Rick ne bougea même pas.

Il resta longtemps là , à attendre. Il fixait la photo du groupe, qui reposait sur le sol, entourée d’une infinité de petites miettes de verre. IL attendait, appuyer sur la chambranle, qu’ils réapparaissent tous, pleurant et riant à la fois, tombant dans les bras l’un de l’autres, s’implorant mutuellement pardon.

Le son récurrent du tic-tac de l’horloge emplissait l’appartement. Il attendit longtemps ainsi, laissant le temps à la lune d’atteindre son zénith dans le ciel, éclairait la ville d’une douce lumière.

Il attendit.

Mais personne ne vint.

Called me out
You stayed inside
One you love
Is where you hide
Shot me down
As I flew by
Crash and burn
I think sometimes
You forget where the heart is

Answer no to these questions
Let her go, learn a lesson
It's not me, you're not listening
Now, cant you see something's missing
You forget where the heart is...

Take you away from that empty apartment
You stay and forget where the heart is
Someday if ever you loved me you'd say, its okay..

Waking up from this nightmare
How's your life?
What's it like there?
Is it all what you want it to be?
Does it hurt when you think about me?
And how broken my heart is..

Take you away from that empty apartment
You stay and forget where the heart is
Someday if ever you loved me you'd say, it's okay..

Its okay to be angry and never let go
It only gets harder the more that you know
When you get lonely if no one's around
You know that I'll catch you when you're falling down
We came together but you left alone
And I know how it feels to walk out on your own
Maybe someday I will see you again
And you'll look me in my eyes and call me your friend..

Take you away from that empty apartment
You stay, and forget where the heart is
Someday if ever you loved me you'd say, it's okay..

It's okay
It's okay

Empty apartment, Yellowcard

Chapitre 11

Cody se rendait péniblement dans la tribune de la presse, trimbalant de peine et de misère son portable, ses dossiers de presse, son sac, et son sacro-saint café. Elle ne faisait que répéter une suite quasi-incompréhensible de : « Pardon, excusez moi, pardonnez moi, pardon, désolé, pourrais-je passer s’il vous plait, oh arrêter de vous plaindre pour votre chaussure de cuire, la teinte bicolore que lui a donner ma semelle est très tendance! »

Elle repéra son siège, le 34-C, et s’avança lentement, jetant des coup d’œil de biais, tachant d’observer son voisin occupant le 33-C, qui marmonnait des paroles à voix basse dans son microphone. Il avait quelque peu l’air taré à se parler tout seul, mais bon , de son point de vue éloigné, il avait l’air assez mignon.

Elle y était presque et s’apprêtait à larguer son chargement sur son siège quand sa sandale se prit dans une petite renflement du plancher. Cody se souvint parfaitement que pendant les 2 secondes où tout son matériel volait allégrement dans les cieux, tel un essaim de mouettes en direction d’un Macdonald, elle pensa qu’elle n’aurait jamais du mettre ces sandales rouge à fleur bleues et que de toutes façon, elle n’était pas du type sandales. C’est quand même fou à quoi on peut penser alors que tout son matériel se prépare à atterrir gracieusement sur son voisin inconnu de siège, à Wimbledon.

Elle regarda son café s’envoler jusqu’à celui-ci, et elle le vit lever ses yeux bleus limpides vers elle, la voyant en premier, une expression de stupeur sur le visage. Il vit la marre de café bondissant vers lui une seconde plus tard, et lui qui n’avait pas eu le temps de s’en servir un le matin même, il fut servi.

« Cody chérie, pas la peine de me renverser un café sur le dos si tu veux m’embrasser et me sauter dessus! », lui dit Rick, des gouttelettes ruisselant sur son visage.

Cody le regardait, la bouche ouverte. Elle fixa Rick et ses cheveux hirsutes pendant de longues secondes, ce dernier la fixant avec un sourire mi-moqueur, mais elle décelait une pointe de tristesse dans ses grands yeux.

-Madame, vous me bloques la vue.
-Rick…
-C’est mon nom. Je vois qu’au moins tu t’en rappelles, Cody.
-Madame, veuillez vous rasseoir, je ne vois rien.
-Mais bien sur que je m’en rappelles, ça ne fait que…
-Dis mois. Dix longs mois.
-Madame, si vous le permettez, j’aimerais bien…
-VOUS ALLEZ LA FERMER? IL N’Y A MÊME PAS DE VRAIE PARTIE, CE N’EST QU’UN MATCH DE DÉMONSTRATION!

Cody avait littéralement explosé, rapprochant son visage a dix centimètres de l’homme qui n’avais cesser de l’interrompre depuis quelques instants. Elle fixa d’un œil mauvais pendant quelques secondes, ce dernier la toisant d’un œil surpris. Elle avait échapper tout ces dossiers, sa sandale faisait des siennes et elle devait maintenant lécher Rick si elle voulait boire son café. Décidément, mauvais matin.

-Vous savez quoi, mademoiselle?, lui dit l’étranger.
-QUOI?, hurla Cody sans réellement le vouloir.
-Vous êtes très sexy quand vous êtes fâchée. Vous voudriez dîner avec moi?, lui dit l’homme en faisant glisser son doigt le long de sa joue tout en fixant profondément son décolleté.

Cody recula rapidement, et sa main se leva dans les airs, prenant un élan dangereux, amorçant son décollage à destination de la joue du petit flirteur. Rick attrapa cependant son bras avant que celui-ci n’ai mis son empreinte sur la joue du petit voyeur.

-Désolé, mec, mais elle est déjà prise. Meilleure chance la prochaine fois.
-…quoi?, murmura Cody, quelque peu déboussolée.
-Tais-toi et marche… Vite!

Rick tira Cody à travers les gradins et ils débouchèrent dans un corridor désert.

-Rick… Merci pour…
-Un : tu ne gifles pas l’agent d’une des plus grandes vedettes du tennis, c’est très mal vu en journalisme sportif!
-Mais il…
-Deux : tu sais que tu viens de bousiller ma chemise et que du café dans les yeux, c’est pas génialissime?

À ces mots, Cody ne put réprimer un ricanement, voyant la tronche barbouillée de brun de Rick.

-Je vais tout…
-Trois : aucun mot de notre supposé relation à qui que ce soit! Je sais que tu me désires depuis des lustres, Cody chérie, mais ma copine risque de m’arracher mes organes vitaux pour s’en faire un collier si elle apprend cela!

Cody riait désormais de bon cœur, rabattant ces cheveux par en arrière.

-Merci Rick.
-Pourquoi? Pour t’avoir sauver la mise ou pour ne pas faire de cas de tes sentiments incontrôlable envers moi?, lui répondit Rick en s’époussetant les épaules d’un geste comique.
-De me reparler au lieu de me détester à tout jamais. J’ai été horrible.
Les traits de Rick s’adoucirent instantanément et il lui sourit doucement.
-Même si j’avais imaginé nos retrouvailles impliquant autre chose que du café, tu m’as manqué, Cody.
-Toi aussi, Rick.
-Pour vrai?
-Mais oui!
-… wanna make out?
-Rick!, s’écria Cody, frappant Rick sur le bras.
-Je blagues! Mais où est donc l’amour dans ce monde?, dit Rick en se massant le bras.
-Pas entre toi et moi, en tout cas!, répondit Cody en souriant.
-Tu as toujours eu le don de me repousser! Dans mes bras, Myers!

Rick et Cody s’étreignirent longuement, se sentant enfin un peu moins seul dans ce monde, où tout semblait leur échapper. Il se reculèrent un peu, se souriant, et se préparait à retourner aux gradins bras dessus, bras dessous, quand une meute de journaliste entourant un joueur passa près d’eux.

Il les dépassait tous de quelques centimètre, et son regard se porta sur Cody et Rick alors qu’il continuait quand même à marcher, son regard vide fixer sur eux, qui le regardait également. La fureur, la mélancolie et la tristesse se mêlait dans son regard, allant de Cody à Rick, qui se tenait toujours par le bras. Les deux, remarquant où le regard d’un jeune homme c’était posé, se séparèrent précipitamment.

Ils le regardèrent détourné la tête et poursuivre son chemin sans répondre aux journalistes s’égosillant autour de lui.
D’un même voix, Rick et Cody laissèrent échapper un petit mot, tout simple et qui voulait dire tant.

« Squib. »

(à suivre)

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